Jean-Philippe Viollet, quels sont les faits marquants que vous retiendrez de vos dix années de présidence ?
JPhV : Ce que je retiendrais en premier lieu, et que je regrette d’ailleurs, c’est un sentiment de solitude. Il y a dix ans, la FRSEA était quasi inexistante de même que la culture syndicale régionale alors qu’elle était très forte aux niveaux national et départemental. Aujourd’hui, l’échelon régional est quasiment décisionnaire.
En dix années, le niveau de formation des agriculteurs s’est beaucoup accru, comme l’a révélé le recensement agricole. À l’opposé, les agriculteurs sont de moins en moins nombreux. Ils ont par conséquent moins de poids politique et électoral. Nous devrons en tenir compte dans nos demandes à venir. Ce qui caractérise également ces dix années, c’est l’apparition de toutes les problématiques liées à l’environnement. D’une image de protecteur de la nature, l’agriculteur est passé à celle du coupable idéal.
Il est aussi une chose qui me peine tout particulièrement : la montée en flèche de l’individualisme. Avant, le sentiment prédominant était que l’on ne pouvait s’en sortir qu’ensemble. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Or, c’est pourtant dans le rassemblement qu’est notre salut. Si les agriculteurs restent divisés, dans un contexte où ils sont par ailleurs de moins en moins nombreux, le balancier de l’histoire ne sera pas tendre…
Qu’auriez vous aimé faire durant votre mandat et qui n’a pu être mené à bien ?
JPhV : En dix ans, nous avons réussi à développer la FRSEA Limousin, à constituer une équipe motivée que je tiens à remercier. C’est une grande satisfaction pour moi. Je veux aussi remercier et saluer tous les professionnels qui ont œuvré à nos côtés. Ce que j’ai essayé d’instaurer, c’est un dialogue avec les organisations agricoles. Ma volonté était de rassembler les hommes autour de projets communs. Aujourd’hui, je suis content de voir que des positions limousines se construisent sur certains dossiers, qu’il est possible de compléter les réflexions des uns et des autres, de les enrichir. Ce n’est pas le cas partout. La FRSEA doit être force de propositions, elle n’a pas pour vocation d’aller brûler quelques pneus devant la Préfecture de temps en temps. Les agriculteurs ont intérêt à avoir des organisations fortes, neutres, apolitiques dans lesquelles toutes les productions se reconnaissent. Si je n’ai pas souhaité être candidat à ma propre succession, je continuerai cependant à m’impliquer de manière forte. Sauf politiquement. D’ailleurs, je n’ai jamais été candidat à aucun mandat politique dans ce contexte.
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La suite est à lire dans la Creuse agricole et rurale du 13 janvier 2012.
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