Vigilance face au virus de Schmallenberg
Des troubles de santé d’origine inexpliquée affectant des vaches laitières ont été observés, entre août et octobre 2011, à l’est des Pays-Bas et dans les régions limitrophes d’Allemagne. Les symptômes étaient une hyperthermie (dans certains cas supérieure à 40° C), une perte d’appétit, une baisse de la production laitière pouvant atteindre 50 %, des diarrhées qualifiées de sévères et parfois des avortements. Le retour à la normale était observé en quelques jours. Les causes alimentaires et environnementales ont été exclues. Aucun agent infectieux n’a été identifié à l’époque.
Un « nouveau » virus identifié en Allemagne : le Schmallenberg virus (SBV)
Le laboratoire de référence allemand Friedrich-Loeffler-Institut (FLI) a identifié, en novembre 2011, un nouvel orthobunyavirus, nommé Schmallenberg virus SBV (en référence à une ville proche des foyers, située à 80 km au sud-est de Dortmund). Les séquences virales mises en évidence présentent un haut degré d’homologie avec le groupe Simbu du genre orthobunyavirus qui comprend les virus Akabane, Aino et Shamonda. Les virus du genre orthobunyavirus sont présents en Afrique, Asie, Australie mais n’avaient jamais été détectés en Europe. Nous sommes donc face à une nouvelle émergence virale.
Des symptômes qui semblent bénins chez les adultes mais des infections fœtales, sources d’avortement et de malformations en espèces ovine, caprine et bovine
En fonction de ce qui est déjà connu, ces virus atteignent les bovins, les buffles, les moutons, les chèvres. L’infection aiguë semble se manifester chez les bovins adultes par une hyperthermie, une perte d’appétit, une chute de production chez les vaches laitières et de la diarrhée. S’ils touchent des femelles en début de gestation (entre 30 et 70 jours de gestation chez la brebis, entre 30 et 150 jours chez la vache), ils peuvent entraîner des avortements et la naissance d’animaux malformés : arthrogrypose, raccourcissement des tendons du jarret, déformations de la mâchoire, hydranencéphalie. Les virus du groupe Simbu ne sont pas considérés comme zoonotiques. La transmission est vectorielle (cullicoïdes, moustiques ?) Cependant, il convient d’être prudent par rapport à ces éléments déduits car certaines caractéristiques pourront être spécifiques de ce « nouveau » virus.
Des mesures de surveillance hivernales et un schéma diagnostic mis en place en France
Compte-tenu des hypothèses de transmission vectorielle, la survenue d’infections aiguës pendant l’hiver paraît peu probable. Des conséquences de l’infection pourraient en revanche être observées chez des fœtus ou des nouveau-nés dont la mère aurait été infectée au cours de l’été ou de l’automne 2011. Un cas suspect est défini comme suit : avorton ou nouveau-né, malformé (arthrogrypose, raccourcissement des tendons du jarret, déformation de la mâchoire, hydranencéphalie, torticolis, etc.) ou nouveau-né présentant des troubles neurologiques (paralysie flasque, mouvements exagérés, hyperexcitabilité, difficulté à téter, ataxie, etc.). Une procédure diagnostique est à mettre en place dès le premier cas suspect dans le « bandeau nord-est » (Alsace, Lorraine, Nord-Pas-de-Calais, Picardie, Champagne-Ardennes) ou lors de deuxième cas sur le territoire métropolitain hors bandeau nord-est survenant dans une même exploitation au cours d’un trimestre.
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La suite est à lire dans la Creuse agricole et rurale du 10 février 2012.
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