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Le redressement à confirmer en 2012

Les éleveurs de bovins ont pris connaissance du contexte général de la viande bovine.

03 février 2012 SF Vu 2092 fois
Les propositions de la Commission sont à infléchir pour plus de flexibilité et une meilleure adaptation de la production.

Les propositions de la Commission sont à infléchir pour plus de flexibilité et une meilleure adaptation de la production. - © FDSEA 19

Les actuelles orientations de la commission sur la future réforme de Pac 2014/2020, le contexte des marchés internationaux et européens de la viande bovine ont conduit les responsables de la section bovine à organiser conjointement avec les membres du Croel, sous la présidence de Gilbert Delmond, une réunion d’information et de sensibilisation. Les responsables administratifs et professionnels dressent chacun, dans leurs domaines, un état des lieux des productions animales dans le département. Productions fortement dépendantes des échanges internationaux ou européens, ce dont se sont attachés à démontrer Xavier Nicolle d’Interbolim et Serge Frescaline de la FDSEA.

 

Production porcine

5 500 truies et 41 000 places d’engraissement sont détenues par 152 producteurs de porcs, dont 108 ont plus de 50 équivalents porcs (soit une perte globale de production de 10 % en dix ans).

La problématique des producteurs de porcs reste malheureusement toujours la même : des coûts de production élevés (notamment dus à l’augmentation des céréales) qui inhibent la récente revalorisation du prix producteur.

La récente obligation de la mise aux normes des ateliers truies est aujourd’hui un nouvel élément que les producteurs doivent prendre en compte qui, conjuguée aux autres difficultés déjà énoncées, pose le constat de la capacité qu’ont les responsables économiques et syndicaux à faire fonctionner la filière.

Production ovine

277 éleveurs spécialisés, 38 689 brebis, soit en moyenne 140 brebis par troupeau.

Si tous les feux sont au vert, dus au redressement porté par le bilan de santé de la Pac, les efforts au cours de l’année seront mis sur l’électronisation des troupeaux d’ici juillet 2013, avec pour enjeu majeur le travail sur les coûts de production, la transmission des exploitations, le développement d’exploitations mixtes bovins/ovins.

 

Production laitière

Pour la première fois le département perd deux millions de litres (- 4,5%) de son quota d’origine, ramené à 54 millions de litres de lait. Le quota moyen s’élève à 261 000 litres par producteur.

Les enjeux au sein de cette production sont notamment la différenciation du lait entre origine (montagne) et donc négociation des prix, la réduction des astreintes, d’où un travail sur l’organisation et le remplacement. Se pose en filigrane le problème de l’installation des jeunes, du renouvellement des générations.

 

Production bovine

Le département, pour fait de sécheresse ou autres raisons dues à la crise, n’échappe pas à la décapitalisation des troupeaux : moins 12 650 têtes (- 4,1% quelles que soient les races). Traduction en naissance : - 3 200 veaux (- 2 %).

VLSM : 29 000 (- 1 %)

Broutards : 23 700 femelles

(+ 17 %), 40 800 mâles (+ 6 %)

Vaches de boucherie : 20 120 têtes de vendues (+ 11 %) ; JB : + 9 % ; génisses de 17 mois : - 19 % ; génisses de 18 à 35 mois : - 5 %.

Pour Gilbert Delmond, cette assez forte décapitalisation du cheptel de souche au cours du premier semestre (idem au plan national) a entrainé un redressement des cours tout au long du second. Le veau sous la mère «tire globalement son épingle du jeu». Les broutards ont bénéficié de l’embellie sur le JB, du fait de la politique d’export mise en place sur pays tiers. L’éternel constat de la hausse des charges gomme l’effet prix. Les prémices des cours du début de l’année laissent un espoir pour 2012 plutôt encourageant.

 

Réforme de la Pac : les grandes lignes, mais rien de concrétisée

Si l’architecture de la future réforme se dessine, il subsiste encore et heureusement de nombreuses interrogations. Qu’en sera-t-il du budget ? A priori, une forte probabilité de reconduction, voire une légère baisse !

La Pac sera construite autour «d’un feuilleté ou empilage» de mesures, les unes obligatoires, les autres facultatives. Le verdissement des soutiens paraît inéluctable avec pour corollaire un renforcement de certains aspects de la conditionnalité. Les responsables professionnels que sont Tony Cornelissen et Pierre Chevalier sont longuement revenus sur les aspects de découplage/recouplage de la PMTVA, en sachant que rein n’est définitivement tranché. Par contre le volet prairies et l’articulation entre PP et PT5 pose le débat de fond sur la variabilité que doivent construire les éleveurs pour renforcer l’autonomie fourragère des exploitations.

La sécheresse et ses conséquences sur les stocks fourragers et l’envolée des prix en est l’exemple le plus flagrant. L’augmentation des prix sur les céréales paraît s’inscrire dans la durée. S’ouvre une compétitivité ou dualité entre alimentation et énergie renouvelable.

Le président Cornelissen explique «que s’il convient de protéger nos prairies, nos terres labourables sont tous aussi sacrées. Une incertitude subsiste sur l’année de référence encore non tranchée. Alors si je peux me permettre de formuler un conseil à chacun d’entre vous, ce serait de refaire quelques ou pas mal de sillons… de ressortir les versoirs».

 

L’export, une clé, pas la seule

S’il est vrai que la politique de l’export peut être critiquée, «car elle ne fait pas tournée nos abattoirs», elle a en revanche servi de «pompe aspirante» pour le redressement des cours, particulièrement marqué sur le jeune bovin. «De là s’en suit un appel d’air sur le broutard, beaucoup moins sensible sur les vaches de qualité, loin des espérances souhaitées par nos producteurs», indiquait le président de la section Gilbert Delmond. Pour le président de la FNB se pose donc la question d’une politique de relance de la production en France pour approvisionner nos abattoirs. Une seule et simple réponse «que les industriels y mettent le prix» (plus d’informations en page 3).

Suite à la présentation des interfaces sur les marchés, qu’il serait trop long de détailler pour l’heure, plusieurs interpellations ont été faites par les éleveurs. Le taux de vaccination FCO trop faible dans le département peut à terme devenir inquiétant, souligne Maurice Demichel, le président du GCDS. Le service équarrissage et les appels de jour qui ne sont plus pris en compte pour un ramassage rapide de proximité pose question au sein de l’assistance. Reste l’éternelle interrogation soulevée par une coopérative soutenue en ça par le président de la FDSEA. «Il subsiste un différentiel trop important au sein des abattoirs corréziens quant aux traitements des saisies d’abattoirs».

 

 

 
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