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L’hypodermose bovine ou varron

Varron : maintenir la vigilance pour éviter tout retour

Les programmes généralisés de lutte, nationalement, ont permis d’obtenir une éradication du varron et ainsi de passer d’une phase d’assainissement à une phase de surveillance.

05 mai 2010 Christian Petit et D. Didier Guerin (GDS Creuse) Vu 2539 fois
Une mouche peut pondre de 500 à 1 000 œufs sur un rayon de 5 à 6 km. Cela implique une surveillance rigoureuse du dos des bovins entre le 15 mai et le 30 juin. A la moindre suspicion de présence de varrons, avertissez votre vétérinaire qui, en cas de confirmation, mettra en place un traitement curatif. Le traitement rapide des bovins varronnés représente un acte de prophylaxie d’abord d’intérêt individuel pour son troupeau mais aussi collectif pour les élevages de la région environnante.

Une mouche peut pondre de 500 à 1 000 œufs sur un rayon de 5 à 6 km. Cela implique une surveillance rigoureuse du dos des bovins entre le 15 mai et le 30 juin. A la moindre suspicion de présence de varrons, avertissez votre vétérinaire qui, en cas de confirmation, mettra en place un traitement curatif. Le traitement rapide des bovins varronnés représente un acte de prophylaxie d’abord d’intérêt individuel pour son troupeau mais aussi collectif pour les élevages de la région environnante. - © D.R.

La Creuse, comme l’ensemble de la France continentale, présente aujourd’hui, une situation assainie vis-à-vis du varron. Maintenir ce statut favorable demande d’être attentif par rapport aux deux risques essentiels de réintroduction que sont l’extension du parasite à partir de pays voisins et l’introduction en zone assainie de bovins porteurs. La surveillance du territoire concourt à permettre une action rapide en cas de résurgence.

 

Quelques rappels biologiques

L’hypodermose bovine est due à une mouche (dont la larve est appelée communément varron), ne vivant qu’une semaine environ au cours des mois d’été. Elle pond de 500 à 1 000 œufs sur les pattes et le fanon des bovins. Son rayonnement géographique s’étend sur une zone allant de 2 à 5 kilomètres. De ces œufs, naissent des larves qui pénètrent à l’intérieur de l’organisme de l’animal par des follicules pileux. Pendant sept mois, l’existence de ces larves est ignorée car elles migrent dans les tissus de l’animal. Selon l’espèce, elles transitent soit dans le canal rachidien (Hypoderma bovis) soit au niveau de l’œsophage (Hypoderma linéatum). Au printemps, ces larves migrent vers le tissus sous cutané dans la région dorsolombaire, provoquant des abcès visibles de chaque côté de la ligne dorsale, percent la peau, tombent sur le sol de mai à juin (pupe) pour donner naissance, trois à cinq semaines plus tard, aux mouches adultes perpétuant ainsi le cycle.

 

Le Limousin assaini en 2002 avec un allégement des dépistages de cheptels

Depuis 2002, le Limousin est zone assainie en varron. Avec l’habilitation du Schéma territorial de certification régional en mars 2005, chaque cheptel bénéficie de l’appellation « cheptel assaini en varron », mention portée sur l’ASDA de chaque bovin. L’arrêté du 6 mars 2006 a inscrit l’hypodermose bovine ou varron dans la liste des MRC. Cette décision apporte une nouvelle orientation pour le plan de lutte, en particulier pour les échanges d’animaux au plan communautaire, ce qui a permis d’accroître la pression sur certains pays voisins afin qu’ils s’engagent dans cette prophylaxie. Le suivi de l’infestation varron est basé sur la maitrise de points à risques qui se traduit par la mise en place de contrôles aléatoires et orientés ainsi qu’une gestion des introductions. Les contrôles aléatoires objectivent le taux d’infestation de la zone. Le dépistage est réalisé en sérologie de mélange sur les prélèvements effectués au cours des prophylaxies dans des élevages tirés au sort en début de campagne avec des interventions prévues entre le 1er décembre et le 31 mars. Les contrôles orientés sont destinés à la recherche d’éventuels foyers et sont déterminés en fonction de facteurs de risque (cheptels à fort taux de renouvellement, introduction de bovins issus de cheptels sans garantie, cheptel séropositif ou douteux la campagne précédente, etc.). Les résultats favorables obtenus ont permis un allégement des contrôles (passage, en Creuse, de 201 cheptels à 113 en contrôles aléatoires et de 137 cheptels à 61 en contrôles orientés de 2006 à 2010).

 
La Creuse, comme toute la France continentale, présente une situation assainie vis à vis du varron. Maintenir ce statut favorable demande d’être attentif par rapport aux deux risques essentiels de réintroduction que sont l’extension du parasite à partir de pays voisins et l’introduction en zone assainie de bovins porteurs.

La Creuse, comme toute la France continentale, présente une situation assainie vis à vis du varron. Maintenir ce statut favorable demande d’être attentif par rapport aux deux risques essentiels de réintroduction que sont l’extension du parasite à partir de pays voisins et l’introduction en zone assainie de bovins porteurs. - © D.R.

Des résultats 2009/2010 toujours favorables

Pour la campagne 2009/2010, toutes les analyses effectuées sur sang ou lait pour les contrôles aléatoires comme orientés se sont révélées négatives. Pour les analyses qui n’ont pu être réalisées en temps voulu (prélèvements hors date, avant le 1er décembre 2009 ou après le 31 mars 2010) dans les cheptels prévus (10 en contrôles orientés, 5 en contrôles aléatoires), conformément au cahier des charges de certification varron, des contrôles visuels seront réalisés courant juin afin de vérifier l’absence de foyer de varron dans ces élevages. Rappelons que tout résultat de mélange positif fait l’objet d’analyses individuelles. Un résultat non-négatif sur un ou plusieurs bovins âgés de 24 à 60 mois entraîne le statut positif de l’élevage concerné, une enquête épidémiologique est diligentée dans l’élevage dont les conclusions peuvent, si nécessaire, déboucher sur un programme de traitement. Un résultat non-négatif sur un ou plusieurs bovins âgés de plus de 60 mois n’entraîne pas de modification du statut négatif de l’élevage, celui-ci fait l’objet d’une enquête épidémiologique, d’un contrôle visuel au printemps pour vérifier l’absence d’infestation et sera mis en contrôle orienté la campagne suivante.

 

Des traitements tactiques sur les zones frontalières françaises et un renforcement de la surveillance à l’introduction

La France est aujourd’hui assainie en varron, aucun foyer n’a été détecté en 2009. Afin de prévenir la réintroduction du varron à partir de pays frontaliers non-assainis, des traitements tactiques sont réalisés dans 14 départements voisins de l’Espagne, l’Italie ou la Belgique. Le rôle de bouclier sanitaire joué par ces départements exposés est évident. Les seuls foyers potentiels vont donc émaner d’introductions de bovins provenant de pays non-assainis. Si un bovin provenant d’un pays étranger est introduit, il appartient à chacun, à son niveau (éleveur, vétérinaire et GDS), de s’assurer du statut du cheptel de provenance, par l’intermédiaire de l’ASDA ou d’une base de données informatique pour le GDS. En cas de statut défavorable, le GDS avertit l’éleveur en lui demandant de prendre contact avec son vétérinaire afin de réaliser un traitement préventif ou curatif. Dès la réalisation effectuée, l’éleveur transmet un compte-rendu de traitement au GDS. De plus, l’éleveur surveille très régulièrement le dos de ce bovin, et en particulier du 15 mai au 30 juin (période d’apparition des nodules) et signale, au vétérinaire et au GDS, toute bosse suspecte pour éviter qu’une larve de varron sorte, tombe sur le sol et risque de remettre en route un cycle de contamination.

 

Un mutualisme par les GDS au niveau départemental et national

Pour 2008/2009, le coût du plan de lutte national contre l’hypodermose bovine est estimé à près de 800 000 euros, assumé par les éleveurs à hauteur d’environ 76 %. Environ 1/3 des dépenses, soit 224 857 euros, concerne les actions menées en zones frontalières avec la répartition suivante : Nord de la France/Belgique : 87 %, Est de la France/Italie : 7 % et Sud de la France/Espagne : 6 %. Cela a permis de protéger 242 500 bovins répartis dans 4 476 cheptels. La DGAl, les collectivités territoriales, le syndicat général des cuirs et peaux et l’ensemble des éleveurs français (au travers de la caisse de mutualisation des GDS) apportent leur soutien au plan de lutte en zone frontalière. Ramené au cheptel, le coût de la lutte en zone frontalière reste 10 fois supérieur à la moyenne nationale (50,20 euros pour un cheptel en zone frontalière contre 4,40 euros en moyenne pour un cheptel français toutes zones confondues). Au niveau départemental, tous les frais sont mutualisés au sein de la cotisation certification. Rappelons que tous les frais de suspicion (visite vétérinaire, traitement éventuel, etc.) sont pris en charge par GDS Creuse.

 

L’éradication du varron : un acquis très favorable à maintenir

Le plein investissement des différents acteurs de la filière a permis d’obtenir de bons résultats, dans un laps de temps particulièrement faible. L’objectif de la certification est de maintenir ce statut de cheptel assaini et de garantir aux acheteurs l’absence de ce parasite. Cela demande une vigilance de chacun qui passe par un suivi approfondi des introductions et un engagement sans faille de tous les acteurs. Dès la moindre alerte, notamment dans les mois à venir (présence de nodule sur le dos d’un bovin), l’information est à transmettre sans délai à son vétérinaire ou à GDS Creuse, n’hésitez pas à les contacter pour plus de renseignements.

 

 

 
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